Blair Witch – La sorcière à l’ouest !

Blair Witch afficheUn temps appelé The Woods, et fait dans le plus grand secret, Blair Witch est finalement sorti de sa forêt au Comic-Con 2016. Avec la vague de found footage miteux de ces dernières années (Paranormal Activity, on te regarde dans les yeux!), on ne s’attendait vraiment pas à voir débarquer un troisième film basé sur la mythologie créée autour de la sorcière de Blair. Avant de vous donner notre avis sur cette nouvelle forêt, revenons un peu sur les deux premiers films !

 

En 1999, The Blair Witch Project, réalisé par Daniel Myrick et Eduardo Sánchez, fait un carton au Box Office. Il s’agissait d’une compilation de vidéos DV et 16mm tournées par trois étudiants en cinéma en octobre 1994, et disparus lors de leur expédition dans les bois de Black Hills, près de la ville de Burkittsville, Maryland, anciennement du nom de Blair. Tout le contenu est fictif (sauf la forêt), mais le film joue tellement à fond son concept de cassette retrouvée, que certains spectateurs finissent par y croire ! Sur fond de légende à base de sorcière et autres meurtres sordides, Heather Donahue, Joshua Leonard et Michael Williams montrent en images leur week-end dans la forêt de Black Hills. Même s’il n’est pas à l’origine du principe du found footage (Cannibal Holocaust l’a précédé de 19 ans !), ce Projet Blair Witch a marqué les esprits (ne serait-ce qu’à cause des critiques concernant ses mouvements de caméra parkinsoniens).

Passons maintenant à Book of Shadows : Blair Witch 2  (Le livre des ombres), sorti un an plus tard, et réalisé par Joe Berlinger. Tourné de manière classique, il est plus orienté teen movie / horreur (un peu) gore. Un film au scénario simple mais plutôt malin et orienté méta, qui voit un groupe de jeunes en manque de sensations fortes partir avec le BlairWitch Hunt (www.blairwitch-hunt.com, le site n’existe plus, mais vous pouvez l’acheter pour 50 dollars si ça vous dit…), une des expéditions à l’arrache lancée pour surfer sur le business de la cassette retrouvée. Malheureusement, même s’il n’est pas mauvais, ce Livre des ombres est plombé par une mise en scène un peu nanardesque, des personnages très clichés et des sfx cheap très années 90. C’est le « vilain petit canard » de la saga.

Entre temps, le Projet Blair Witch a été décliné en documentaires, jeux vidéo, clones, parodies, porno etc. De quoi brûler définitivement la sorcière pour toujours. Sauf qu’Adam Wingard (futur réalisateur du remake de l’excellent film coréen I saw the devil, puis de l’adaptation américaine du manga Death Note) crée la surprise cet été en présentant Blair Witch, suite / remake du premier film.

En 2014, James Donahue (le frère de Heather dans l’original) pense avoir reconnu sa sœur – disparue il y a 20 ans – lorsqu’il découvre une vidéo sur internet. Persuadé que sa sœur est peut être toujours vivante, il décide de rencontrer les personnes qui ont posté cette vidéo. Avec des amis et le couple qui a découvert la cassette, il décide d’aller dans la forêt de Black Hills pour retrouver Heather.

L'équipe de Blair Witch

Les nouveaux randonneurs du dimanche…

Reprenant le même principe que l’original (les petits tas de cailloux, les totems en bois etc.), le film s’adapte évidemment à la technologie d’aujourd’hui. Même si un des personnages utilise un camescope DV, tous se voient affublés d’une oreillette bluetooth avec caméra embarquée et gps (qui sera d’ailleurs complètement oublié après puisque sinon ils ne pourraient pas se perdre), un drone pour survoler la forêt etc. On démultiplie donc les angles de caméra puisque ce sont désormais tous les personnages qui peuvent filmer en même temps. Mais cette décision, qui avait plutôt bien fonctionné dans [REC2] par exemple, n’était pas forcément utile dans celui-ci. D’autant plus que chaque changement de cadre est entrecoupé de nombreux effets parasites et d’artefacts numériques complètement artificiels et inutiles, lui donnant un côté surfait. Cela se confirme lorsque les événements étranges sont à leur paroxysme, et qu’on se retrouve carrément dans une ambiance qui tient plus du bazar visuel et sonore que d’une vraie flippe, avec des jump scares dans tous les sens, ce qui au final fait tout sauf peur. Quand le sound design réussit à vous faire penser à celui des Transformers alors qu’il s’agit de Blair Witch, il y a de quoi se poser des questions !

Dans le Projet Blair Witch, tout était suggéré. Avoir le camescope dv et la camera 16mm donnait un charme particulier. La mise en scène était plus simple, plus crédible aussi (et pour cause, les acteurs s’étaient filmés presque entre eux, laissant place a beaucoup d’improvisation, se perdant réellement 3 fois dans la forêt et communiquant avec l’équipe du film par talkie-walkie). Le 1er se concentrait sur les personnages et leur perte de repères progressive, leurs « pétages » de plombs etc. Ils doutaient au fur et à mesure de leur santé mentale, cela renforçait le côté maléfique des lieux, et notre inquiétude avec. D’ailleurs il n’y avait pas de jump scares.
Cette suite se veut beaucoup plus mécanique et moins spontanée. On ne s’attache pas aux personnages comme on le devrait, notamment parce qu’ils réagissent parfois de manière totalement débile.

Cela dit, il faut noter quelques idées intéressantes, [spoiler name= »SPOILER »]notamment concernant le lien entre les totems et les personnages (dans une scène très bancale malgré tout), la nuit qui persiste, déjà vu mais qui fait toujours son petit effet, et le final dans la maison, avec sa boucle spatiale pas mal du tout.[/spoiler]

Les décors sont soignés, même si le film n’a pas été tourné dans la même forêt que l’original (et cela se voit d’une certaine manière, mais ne gêne pas plus que ça), et l’ambiance sonore est correcte, mais trop tape à l’oeil dans les moments censés faire peur.

 

Conclusion

Malheureusement, la sorcière de Blair est en petite forme en 2016 ! Avec une mise en scène trop artificielle, un scénario calqué sur l’original, et des jump scares fatigants, Blair Witch ne nous donne pas l’épouvante que l’on était en droit d’attendre. Et ce ne sont malheureusement pas les quelques idées intéressantes qui suffisent à remonter la pente. Le film est clairement condamné à rester piégé dans la forêt de Black Hills pour toujours, et sa sorcière avec !

http://www.youtube.com/watch?v=tRsYzxjLmm0

 

Pour se perdre dans la forêt :

Thomas LEROUX

Thomas LEROUX

Passionné de ciné (fantastique, science fiction, mais pas que), séries, animes, jeux vidéo etc. Thomas Leroux cherche la petite bête partout où elle se cache. Accessoirement, il est aussi co-créateur (avec Gillen Azkarra) et administrateur du site Le Mont des Rêves ! (mais pas que...)

2 commentaires

  1. Encore un reboot/remake inutile, quoi.

    A.C.

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