Ça chapitre 1 – Ça sent le sapin…

Ça afficheAlors qu’il marche bien au Box Office US, Ça sort aujourd’hui dans les salles en France. Cette nouvelle adaptation du roman de Stephen King est-elle à la hauteur ?

 

Dans la petite ville de Derry, dans le Maine, un groupe d’enfants, qui se surnomment eux-mêmes le « club des ratés », subissent les brimades d’autres jeunes plus grands qu’eux. Alors que son petit frère Georgie a disparu, Bill Denbrough et sa bande d’amis vont se retrouver face à un danger qu’ils n’imaginaient pas. Car à Derry, le vrai danger n’est peut-être pas humain, même s’il ressemble à un clown…

Sorti en 1986, Ça (It en vo) est un des romans les plus connus de Stephen King. Divisé en 2 livres et totalisant plus de 1000 pages, le récit alterne entre deux périodes temporelles. L’enfance des protagonistes, confrontés à Grippe-sou (Pennywise), une entité d’un autre monde dans les années 50, et leur retour en tant qu’adultes 27 ans plus tard, dans les années 80, bien décidés à en découdre avec Ça. Ce roman a déjà connu une adaptation surestimée en 1990, sous la forme d’un téléfilm en deux parties, avec Tim Curry dans le rôle du clown dansant.

Ça - La bande des ratés (loosers)

Séance diapo avec le club des ratés

Cette nouvelle adaptation se concentre sur l’enfance du club des ratés, cette fois-ci située dans les années 80. Un deuxième film suivra en 2019 et se déroulera donc logiquement à l’âge adulte dans les années 2010. De ce changement de période par rapport au roman découle aussi un changement de forme pour Pennywise (exit les transformations en loup-garou, araignées, etc.).

Ça - Pennywise

La nouvelle apparence de Pennywise est assez inquiétante

Commençons tout d’abord par la grande réussite du film, Pennywise (Bill Skarsgård). Le croquemitaine bénéficie d’une apparence de clown particulièrement réussie et inquiétante. Dès la scène d’ouverture, où Georgie fait glisser son bateau en papier dans le caniveau, sa première apparition fait mouche !
La mise en scène est propre, et la photographie soignée. Le film n’a pas cédé à la mode du shakycam et c’est tant mieux. Certaines scènes sont vraiment bien amenées, et rappellent quelques films d’horreur des années 80 (tonton Freddy, avec la 1ère apparition de Johnny Depp et la scène du geyser de sang). Pour couronner le tout, les jeunes acteurs sont tous crédibles dans leurs rôles (on peut y reconnaître Finn Wolfhard qui jouait dans la série Stranger Things, et Jaeden Lieberher, vu dans Midnight Special), et ne subissent pas de censure malgré leur langage fleuri. Bref, de ce côté-là, c’est réussi !

Ça - Bateau

La fameuse scène du bateau est toujours là

Mais contrairement aux critiques dithyrambiques aperçues par-ci par-là, il faut quand même souligner que le scénario n’échappe malheureusement pas aux clichés modernes du film d’horreur lambda, c’est-à-dire la combinaison « Personnages aux réactions stupides » et « jumpscares » inutiles.
Même si certaines scènes sont assez violentes, voire parfois malsaines (l’ambiance incestueuse à peine voilée entre le père et sa fille), elles semblent s’enchaîner sans vraies conséquences. Chaque enfant vit un épisode plus ou moins traumatique, dont on est témoin, mais au-delà de ces scènes, ne paraît plus vraiment affecté par ce qu’il vient de vivre. Ils paraissent comme détachés. Autant dire tout de suite qu’à leur place, on serait complètement traumatisé ! Et pourtant ils continuent de répondre pendant tout le film dès que Pennywise les appelle.
Même s’il y a une explication à cela (Pennywise a le pouvoir d’hypnotiser ses victimes ou les témoins de ses méfaits), cette redondance lasse et frustre énormément, car les trois quarts du temps leur réaction incompréhensible n’implique pas le spectateur. Par contre, lorsque cette hypnose est suggérée, dans 2 scènes très réussies, notamment celle avec Beverly dans la salle de bain, le mécanisme fonctionne parfaitement.
Concernant les jumpscares à répétition, le sound design est bien souvent en cause. Marre des sursauts forcés qui ne font pas peur ! Nombre de films d’horreur ou d’épouvante font peur, non pas en ajoutant des sons stridents ou des basses exagérées pour faire sursauter, mais en faisant grimper la tension progressivement. Ici c’est forcé, artificiel. On ne sursaute plus, car on anticipe souvent ce qui risque d’arriver.

Une traditionnelle version rallongée d’une quinzaine de minutes devrait être disponible lors de la sortie du film en Blu-ray fin 2017 / début 2018, en attendant la deuxième et dernière partie en 2019.

Conclusion

Ça symbolise bien le problème des films d’horreur d’aujourd’hui (un de plus…), avec ses personnages attachants mais qui n’apprennent rien de ce qui s’est passé juste avant, et des jumpscares d’un autre âge. C’est vraiment dommage parce qu’avec une mise en scène très « films des années 80 », des cadrages et un montage plutôt bons, des jeunes acteurs crédibles et un Pennywise particulièrement réussi, ces défauts rendent le film laborieux et frustrant. Ne reste donc plus qu’à attendre la 2ᵉ et dernière partie, qui sortira normalement en 2019.

https://youtu.be/iYtnfh9lx1c

IT – Réal : Andy Muschietti – Durée : 2h15 – sorti le 20 sept 2017

 

Pour mieux flotter

Thomas LEROUX

Thomas LEROUX

Passionné de ciné (fantastique, science fiction, mais pas que), séries, animes, jeux vidéo etc. Thomas Leroux cherche la petite bête partout où elle se cache. Accessoirement, il est aussi co-créateur (avec Gillen Azkarra) et administrateur du site Le Mont des Rêves ! (mais pas que…)

2 commentaires

  1. Ce film arrive aussi après le succès de l’excellente série « Stranger Things » située aussi dans les années 80. Alors quel intérêt de faire un énième remake de ce roman ? Quelle effet de surprise peu t’il y avoir et cela peu t’il être aussi fouillé, ludique et intriguant que Stranger Things ? Bref pas motivé.

    • Soyons clair, Ça, dans un registre assez différent, n’est pas aussi bien que Stranger Things. Mais pour info, cette nouvelle version est entrée en production avant Stranger Things (Finn Wolfhard, le gamin qui joue dans les 2, a précisé dans une interview qu’il avait passé un casting pour Ça avant que Stranger Things ne soit dans les starting blocks) . Quant à l’intérêt de faire une autre adaptation, c’est un peu le schéma inversé de Shining, qui a connu d’abord un film, puis un téléfilm plus respectueux du livre, mais moins intéressant. En gros c’est une version alternative, complémentaire si on veut.

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