Death Note (2017), un carnet bourré de fautes !

Death Note (2017) afficheAprès le remake / reboot / suite de Blair Witch, Adam Wingard s’est attaqué à la version américaine de Death Note. Le film, adapté du manga éponyme de Tsugumi Ohba (scénario) et Takeshi Obata, et qui a suscité beaucoup de polémiques (encore ce maudit whitewashing), est enfin disponible depuis le 25 août sur Netflix ! Malheureusement pour nous, cette copie s’avère assez ratée…

 

Light Turner (Nat Wolff), un étudiant sans histoire, découvre par hasard le Death Note, un carnet qui permet de tuer la personne de son choix en y écrivant simplement son nom et la manière dont il mourra. Surnommé « Kira » par les médias, et assisté par Ryuk (Willem Dafoe), le shinigami (dieu de la mort) propriétaire du carnet, Light va tenter de faire sa propre justice contre les criminels, en dépit de la loi. Mais un mystérieux détective, surnommé « L »(Lakeith Stanfield), va tenter de le démasquer…

Dire que l’on attendait ce nouveau Death Note avec impatience serait mentir, mais si vous connaissez le manga (voir notre article), l’anime, ou même les 4 films live japonais dérivés (et la série tv, etc.), il y avait de quoi être un peu curieux. Depuis son apparition le 25 août, on assiste à une déferlante de critiques principalement négatives, et pour cause : le film ne parvient pas à retranscrire l’essence du manga.

Death Note (2017) confrontation

« L » (Lakeith Stanfield, à gauche) et Light (Nat Wolff, à droite)

Adaptation américaine oblige, Death Note se situe désormais à Seattle, et Light Yagami est renommé Light Turner. Le point de départ est à peu près similaire au manga, mais le film opère de nombreux changements, tant en ce qui concerne la caractérisation des personnages qu’au niveau du casting. Ainsi, le personnage de « L » est ici un afro-américain (même si ce n’est justifié à aucun moment, après tout, pourquoi pas ?) et Light un jeune homme au caractère assez éloigné de l’original. Tout cela n’est cependant pas vraiment un souci, puisque de nombreux remakes peuvent être de bons films tout en se démarquant parfois grandement du matériau d’origine.

Malheureusement le film souffre de deux problèmes : le scénario, et la durée.
Malgré un début plutôt correct, et même si Death Note reprend les grandes lignes de la 1ère partie du manga, il passe totalement à côté de ce qui faisait tout l’intérêt de l’histoire originale, à savoir les stratégies ou déductions complètement tordues à la Sherlock Holmes que s’infligent mutuellement les deux protagonistes, à la manière d’un thriller policier. « L » tentait de démasquer Light par tous les moyens, et Light tentait d’y échapper sans aucune considération pour les autres. Bien qu’à la toute fin du film, un semblant de stratégie de ce style est enfin montré, c’est beaucoup trop tard. Le reste n’est donc qu’une alternance entre d’éternelles scènes de romance et de trivialités pour ado (avec Mia, son alter-ego féminin) peu passionnantes, et de gueguerre par téléphone opposant Light à « L » ou des pseudos courses poursuites (pas très passionnantes non plus d’ailleurs). Les acteurs, s’ils n’ont rien d’exceptionnel, jouent assez bien le rôle qu’on leur a donné. Car ce ne sont pas les acteurs qu’il faut blâmer, mais bien la caractérisation ratée de leurs personnages, ainsi que la manière dont ils sont dirigés. « L » par exemple, mis à part sa posture étrange et son côté intriguant (tout du moins au début), n’a pas grand-chose à voir avec l’original, ni dans l’apparence, ni dans son comportement. Et on ne parle même pas des incohérences, qui trahissent un manque de réflexion par rapport au concept.

Death Note (2017) Mia

Mia (Margaret Qualley) pose des problèmes à Light

Quant à la durée, les versions live japonaises de Death Note dépassaient toutes les 2 heures (jusqu’à 2h30). Ici réduit à une durée d’1h40, ce remake ne cesse donc de tout faire trop vite, précipitant des évènements clés, ce qui casse le rythme et rend l’ensemble peu crédible, voire ennuyeux.

Death Note (2017) Ryuk

Le design de Ryuk est réussi

Parmi les bons points tout de même, la réalisation est propre, évitant le shakycam intempestif, et les décors sont assez soignés. Le personnage de Ryuk, le Shinigami (Dieu de la Mort), interprété par Willem Dafoe, est assez bien fait visuellement et constitue l’une des réussites du film. Les morts, même si elles sont peu nombreuses, se font de manière particulièrement gore, ce qui est assez inattendu. Pour un peu, on se croirait dans un épisode de Destination Finale ! (Ce n’est peut-être pas un bon point finalement…)

Conclusion

Grosse déception que cette adaptation américaine de Death Note qui, malgré une réalisation correcte, ne parvient pas à retranscrire correctement l’intérêt principal du manga ! La faute à un scénario plus que bancal, peu passionnant, et une caractérisation des personnages tout simplement ratée.
Après un Blair Witch dispensable, Adam Wingard ne convainc pas non plus avec ce Death Note…Autant se replonger dans le manga, l’anime, ou même les films live japonais !

https://youtu.be/m3tguVFUreU

Death Note – Réal : Adam Wingard – Sorti le 25 août 2017 sur Netflix

 

Pour écrire sur le Death Note

Thomas LEROUX

Thomas LEROUX

Passionné de ciné (fantastique, science fiction, mais pas que), séries, animes, jeux vidéo etc. Thomas Leroux cherche la petite bête partout où elle se cache. Accessoirement, il est aussi co-créateur (avec Gillen Azkarra) et administrateur du site Le Mont des Rêves ! (mais pas que...)

2 commentaires

  1. J’avais bien aimé l’animé, dommage pour le film.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *