Lum’en, essor et déclin d’une colonie

Lum'en afficheLum’en, planet opera de l’écrivain prolifique Laurent Genefort, sorti aux éditions du Bélial, est disponible depuis le mois d’octobre en petit format (collection Livre de Poche). C’est l’occasion pour nous de faire notre première chronique d’un auteur que nous apprécions beaucoup : Laurent Genefort !

 

Le Poche, c’est pratique pour l’emmener un peu partout, en vacances, dans le métro, le train ou à la plage. C’est aussi une bonne idée de cadeau à l’approche des fêtes de fin d’année  Non pas que je prône l’idée d’un Noël pleins de cadeaux vu qu’on peut s’en offrir tout le reste de l’année. Mais je conseille fortement Lum’en qui permet de mélanger l’utile et l’agréable. Utile parce que les livres de Laurent Genefort amènent à de pertinentes question sur notre humanité ; et agréable parce que Laurent Genefort construit des univers riches et passionnants, avec une écriture fluide et colorée. D’ailleurs, l’auteur a participé récemment à une semaine dédiée à la science-fiction organisée par la bibliothèque parisienne Rainer Maria Rilke, spécialisée dans les littératures de l’imaginaire. L’événement, intitulé « Bâtisseurs de mondes » (dont nous avons parlé dans un précédent article ici) comprenait une soirée avec un échange entre l’illustrateur Nicolas Fructus et Laurent Genefort, sur leur travail de créations d’univers de science-fiction (l’univers des Portes de Vangk concernant Laurent Genefort, la Panstructure). La soirée fut fort intéressante.

Bâtisseurs de monde Laurent Genefort

Laurent Genefort

Nous avons également filmé une grosse partie de la rencontre et nous mettrons progressivement quelques extraits en ligne sur notre site.

Alors, Lum’en ? Allez, ok, on en parle un peu. Pour reprendre une phrase de la quatrième de couverture, le roman relate la colonisation de Garance, une planète comme tant d’autres, du moins en apparence… Ladite planète est située aux confins de l’univers.

Lum’en, c’est l’histoire de Garance à partir du premier jour de colonisation, son essor, mais aussi son dramatique déclin.

Lum’en, c’est aussi une entité intelligente condamnée à l’exil depuis cent mille ans. Et depuis l’arrivée des premiers colons, celle-ci tente de communiquer avec eux.

Lum’en, c’est un texte ciselé, à la beauté tragique.

Ce roman n’est pas un roman (la phrase qui tue). Enfin si, mais pas sous une forme classique. Il y a treize nouvelles chronologiques qui se correspondent. Celles-ci forment un patchwork racontant l’histoire de la colonie. Encore une fois, Laurent Genefort crée un monde complexe, un écosystème riche. L’Homme, toujours plus insatiable, à la recherche de ressources, colonise l’espace. Lorsque la planète est peuplée d’autres intelligences, ici les Pilas, il existe une loi qui reconnaît que si l’espèce en question détient un certain seuil de conscience de soi, la planète ne peut être colonisée. Sur Garance, l’intelligence des Pilas n’est malheureusement pas reconnue et les colons survivent en exploitant les faibles ressources. Les relations avec l’écosystème, notamment les Caliciers qui détiennent une certaine forme d’intelligence, sont épineuses. Les thèmes traités par Laurent Genefort – le rapport à l’autre, l’altérité, l’assimilation, la religion, le parallèle à la colonisation – font de Lum’en une histoire profonde, intelligente, qui pousse notre petit cerveau à la réflexion. L’auteur montre bien la recherche du profit par les grandes multinationales. Dès que les ressources de Garance s’épuisent, extraites jusqu’à l’assèchement de la planète, elles se retirent. Les querelles intestines commencent,  le déclin, inéluctable, s’amorce.

Malgré ce patchwork d’histoires courtes, on s’attache facilement aux personnages de chaque histoire, à Garance elle-même et à l’entité Lum’en, poignante, mettant toute son énergie à la rencontre de l’Autre. Dans la nouvelle Déclinopole, on retrouve un héros déjà porté sur le papier par Laurent Genefort : le fameux diplomate Jarid Moray. La plume de l’auteur est fluide, « as usual », les adjectifs au bon endroit, d’où l’expression « écriture colorée ». Lum’en est une très bonne porte d’entrée pour se lancer dans son fameux cycle d’Omale. Porte que je vais franchir sous peu.

Quelques romans de l’auteur lus et approuvés par mister Azkarra :

  • Les Peaux-épaisses, une histoire de mercenaires dans l’espace. Très sympathique, lecture rapide, distrayante !
  • Mémoria, où l’on suit un tueur à gages interstellaire. Très bon roman, du « sense of wonder »
  • Les chants de Felya, un planet opera réussi, dans une belle réédition chez Critic.
Gillen Azkarra

Gillen Azkarra

Après avoir baroudé de nombreuses années en Euskara (Pays basque), Gillen Azkarra décide de s'installer en banlieue parisienne, afin de s'adonner à ses deux passions, les livres et la science-fiction. Travaillant dans une bibliothèque universitaire, il rédige dans le plus grand secret une histoire galactique porno SF en langue basque, l’œuvre de sa vie et son désir le plus ardent.

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