Kong: Skull Island – un dîner de Kong !

Kong : Skull Island afficheSi vous pensiez voir un genre de King Kong 2 de Peter Jackson, vous allez être déçus ! Mais si vous êtes prêts pour une série B action / aventure divertissante, décomplexée et colorée, vous allez vous éclater ! All Hail the King !

 

Bill Randa (John Goodman) en est persuadé, « Skull island », cette île du Pacifique que personne n’a jamais exploré, abrite une créature extraordinaire. En 1973, il réussit à réunir une équipe de scientifiques, aventuriers, militaires, etc. pour le prouver. A peine arrivés, le saccage de la faune et de la flore qu’ils provoquent va faire venir Kong, qui adore jouer des congas avec les hélicoptères. Mais les explorateurs en herbe vont découvrir qu’il n’est peut-être pas l’habitant le plus dangereux de Skull island…

King Kong, c’est un personnage créé par Merian C. Cooper et Edgar Wallace, apparu pour la première fois en 1933. Impressionnant pour l’époque, le film a marqué les esprits, et de nombreuses suites, remakes, films dérivés et cross-over ont fleuri en plus de 80 ans, avec plus ou moins de réussite. On a même eu droit à du King Kong contre Godzilla en 1962 ! Bref, même si cela faisait presque 12 ans que le gorille géant n’avait pas pointé le bout de son nez (le dernier en date étant la version de Peter Jackson en 2005), le trailer de ce nouveau King Kong donnait quand même envie.

Après la scène d’ouverture, située sur une île au Pacifique en 1944, puis la mise en place de l’expédition en 1973, l’équipe arrive sur l’île du crâne. Dès que les hélicoptères lancent leur « analyse topographique », on comprend vite que l’on va avoir affaire à un film de série B. Avec une débauche d’explosions, la scène des hélicoptères est un véritable défouloir jouissif, et surtout le moment où l’on s’identifie à Kong, venu simplement défendre son territoire contre les méchants militaires !

Kong Skull Island équipe

Une partie des survivants du concert de congas !

Le film est tel un festival foutraque faussement patriote qui part dans tous les sens (quitte même à désamorcer un traditionnel sacrifice héroïque) doublé d’une grosse critique décomplexée des Américains va-t-en-guerre, avec par-ci de (grosses) références à Apocalypse Now (période post-Vietnam, plans iconiques d’hélicoptères vers le soleil couchant) par-là un clin d’oeil à Jurassic Park (« Hold on to your butts » s’écrie Samuel L. Jackson, la même réplique que son personnage dans JP).
Les militaires en prennent pour leur grade, clairement dépeints comme des Américains bas du front qui veulent tout faire péter, tandis que le reste de l’expédition est plutôt orienté vers l’exploration (mais pas forcément moins stupide non plus).

Samuel L. Jackson a une dent contre Kong

Parmi les personnages qui font « pot de fleurs », le personnage de San (Tian Jing, co-production chinoise oblige, elle avait joué dans La Grande Muraille, et sera présente dans Pacific Rim 2 en 2018, probablement dans le rôle d’un autre pot de fleur) qui a une dizaine de lignes de dialogue de tout le film, et à moindre mesure la photographe Mason Weaver (Brie Larson), qui passe plus de temps à faire des photos en riant à gorge déployée qu’à vraiment servir à quelque chose. Son duo / flirt avec James Conrad (Tom Hiddleston) se contente du strict minimum et reste assez fade et sans relief. De manière générale, la caractérisation des personnages ne vole pas bien haut.
Heureusement, Samuel L. Jackson en Colonel borné ivre de vengeance contre Kong, et surtout John C. Reilly (toute la scène d’ouverture du film est concentrée sur son personnage), tel un Robinson Crusoe coincé sur l’île depuis la seconde guerre mondiale, arrivent tout de même à relever le niveau.
C’est d’autant plus dommage que le film est bien réalisé, avec une certaine recherche dans les teintes, de bonnes idées de montage à base de transitions en match cut, accompagnées de beaucoup de musiques des années 70, le reste de la BO, sans être exceptionnel, fait son travail et évoque à certains moments celle de Predator.
La prochaine apparition du gorille géant est prévue en 2020 dans Kong vs Godzilla (voir l’encadré sur le MonsterVerse ci-dessous)

Conclusion

Film de série B divertissant, sans complexe mais évidemment pas sans reproches, Kong : Skull Island se laisse regarder avec plaisir, pour peu que l’on ait envie de retrouver ce côté « série B pop corn », avec action, personnages un peu débiles et grosses bébêtes. Si c’est votre cas, foncez !
Sinon, passez votre chemin, tout simplement…

trailer

https://youtu.be/44LdLqgOpjo?t=7s

À propos du MonsterVerse

Depuis 2013 et Pacific Rim, on voyait au loin revenir la vague des monstres géants. Kong : Skull Island fait partie du MonsterVerse initié par le Godzilla de Gareth Edwards en 2014, où l’on parlait déjà de la société Monarch, pour laquelle Bill Randa travaille, ainsi que des MUTO. Les combats de monstres ne sont donc pas près de s’arrêter, puisqu’un Godzilla : King of Monsters est prévu en 2019 (« Marvelisation » oblige…) pour aboutir à Kong vs Godzilla en 2020 (qui sera sans doute plus convaincant que la version de 1962), sans compter que les révélations dans la scène « post-credits » du film augure le retour des monstres des kaijū eiga dans les années à venir…(Les kaijū eiga sont des films de monstres japonais, à l’époque avec acteurs en costumes et bâtiments en maquettes, dont Godzilla est le plus connu, voir la liste – certainement incomplète – ici)


Kong: Skull Island
, de Jordan Vogt-Roberts – sorti le 8 mars 2017

 

Pour apprendre à jouer des congas :

 

 

Thomas LEROUX

Thomas LEROUX

Passionné de ciné (fantastique, science fiction, mais pas que), séries, animes, jeux vidéo etc. Thomas Leroux cherche la petite bête partout où elle se cache. Accessoirement, il est aussi co-créateur (avec Gillen Azkarra) et administrateur du site Le Mont des Rêves ! (mais pas que...)

Un commentaire

  1. Vu en salle car ça s’impose pour le coté spectaculaire et grandiose de beaucoup de scènes, la beauté des décors… après oui c’est plus que basique mais j’ai apprécié le contexte post guerre du Vietnam, la BO et l’ambiance générale. Techniquement les scène avec Kong et les autres « bestioles » sont bluffantes !

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